Les discussions entre le gouvernement guinéen et l’intersyndicale de l’éducation s’annoncent décisives alors que le spectre d’une nouvelle grève plane sur le pays. Selon une note officielle publiée le jeudi 13 novembre par le Conseil national du dialogue social (CNDS), les deux parties sont invitées à une session de négociations prévue le 17 novembre, à 14 heures, dans la salle de réunion du Ministère du Travail et de la Fonction publique (MTFP).
Cette rencontre intervient dans un contexte social tendu, marqué par le dépôt d’un préavis de grève le 5 novembre 2025 par l’intersyndicale de l’éducation. Ce préavis fait lui-même suite à un mémorandum daté du 1er septembre 2025, dans lequel les organisations syndicales dénonçaient la « non-prise en compte des revendications essentielles » des enseignants et du personnel éducatif.
Parmi ces revendications figurent, selon plusieurs sources syndicales, l’amélioration des conditions de vie et de travail des enseignants, la régularisation des enseignants contractuels, ainsi que la revalorisation salariale dans un contexte d’inflation persistante. Les syndicats soulignent également la nécessité de renforcer les infrastructures scolaires et de doter les établissements de moyens pédagogiques adéquats.
L’ouverture des négociations représente donc un test majeur pour le gouvernement, déterminé à éviter un nouveau débrayage qui pourrait perturber l’année scolaire. Depuis plusieurs années, le secteur éducatif guinéen est secoué par des tensions récurrentes entre autorités et syndicats, souvent liées à la précarité des enseignants et au manque de ressources allouées au système académique.
Le CNDS, en jouant son rôle de facilitateur, espère ramener les deux parties autour d’une table de dialogue constructif. Pour de nombreux observateurs, la réussite de ces discussions dépendra de la capacité du gouvernement à proposer des mesures concrètes et rapidement exécutables. De leur côté, les syndicats se disent ouverts au dialogue, mais préviennent qu’ils pourraient maintenir leur mot d’ordre de grève si les engagements pris ne sont pas satisfaisants.
À l’approche du 17 novembre, l’attention reste donc braquée sur cette rencontre cruciale. Parents d’élèves, enseignants et acteurs du secteur éducatif espèrent qu’un compromis sera trouvé pour préserver la stabilité du calendrier scolaire et répondre durablement aux préoccupations des professionnels de l’éducation. Le pays retient son souffle, dans l’espoir d’éviter une paralysie du système éducatif et de renouer avec un climat social apaisé.