Le Général Souleymane Kèlèfa Diallo était un officier militaire guinéen de haut rang, connu pour son engagement dans la modernisation et la professionnalisation des forces armées guinéennes. Né en 1959 à Mandiana, il gravit rapidement les échelons de l'armée grâce à son leadership et à ses compétences stratégiques, devenant Chef d'État-major général des armées en 2012.
Réformateur rigoureux, il œuvra pour la discipline et le respect des lois au sein de l'institution militaire. Acteur clé de la sécurité régionale, il contribua à la stabilité en Afrique de l’Ouest, notamment à travers la CEDEAO. Il trouva tragiquement la mort en 2013 dans un crash aérien, laissant un héritage de professionnalisme et de dévouement au service de son pays.
A lire dans cet article
Introduction
Le Général Souleymane Kèlèfa Diallo était un officier guinéen réformateur et stratège, Chef d'État-major des armées en 2012, engagé pour la discipline militaire et la sécurité régionale. Il est mort en 2013 dans un crash aérien, laissant un héritage de professionnalisme et de dévouement.
Jeunesse et formation
Né le 31 décembre 1959 à Mandiana en Guinée, Souleymane Kèlèfa Diallo s'est engagé dès son jeune âge dans une carrière militaire qui allait le mener aux plus hauts échelons des forces armées guinéennes. Son parcours de formation témoigne d'une solide préparation militaire, notamment à l'École nationale des officiers d'active (ENOA) de Thiès au Sénégal, qu'il intègre en 1997 au sein de la 17ème promotion.
Cette institution, reconnue pour la qualité de sa formation, a joué un rôle déterminant dans sa carrière. Comme l'a souligné le Général Mamadou Sow, Chef d'État-major des armées du Sénégal, le Général Diallo a été "la fierté de cette école pour avoir été le premier chef d'État-major sorti de cette école".
Ascension militaire remarquable
La carrière du Général Diallo est marquée par une progression rapide et méritoire dans la hiérarchie militaire guinéenne. Après sa formation à l'ENOA, il occupe diverses fonctions stratégiques au sein de l'armée guinéenne, démontrant ses compétences et son leadership.
Sa nomination comme commandant de la 3ème région militaire de Kankan constitue un tournant dans sa carrière. Ses qualités de leader et son professionnalisme lui valent une série de promotions :
Colonel le 1er septembre 2010
Général de brigade le 27 décembre 2010
Général de division le 6 janvier 2012
Son parcours atteint son apogée en 2012 avec sa nomination comme Chef d'État-major général des armées de Guinée, la plus haute fonction militaire du pays.
Un réformateur des forces armées guinéennes
À la tête des forces armées guinéennes, le Général Diallo s'est distingué par sa volonté de réformer et de professionnaliser l'institution militaire. Sa directive du 22 novembre 2011 concernant le respect des règles de circulation routière par les militaires illustre parfaitement cette démarche.
Dans un communiqué rendu public à Conakry, il condamnait fermement "l'attitude de certains hommes en treillis dans la circulation routière", une attitude qui, selon lui, visait "à ternir l'image de l'institution militaire". Affirmant que "nul n'est au-dessus de la loi", il interdisait aux militaires de nombreuses pratiques abusives comme :
Circuler dans un véhicule non immatriculé
Violer les barrages routiers
Conduire en sens inverse de la circulation
Conduire sous l'emprise de l'alcool ou d'autres stupéfiants
Utiliser la sirène ou le klaxon pour intimider les autres usagers
Cette réforme témoigne de sa vision d'une armée exemplaire, respectueuse des lois et au service des citoyens.
Contribution à la sécurité régionale
Au-delà des frontières guinéennes, le Général Diallo s'est imposé comme un acteur majeur de la sécurité régionale en Afrique de l'Ouest. Membre respecté du Comité des Chefs d'État-major de la CEDEAO, il a œuvré pour la paix et la stabilité dans la sous-région.
Comme l'a souligné le Général Soumaila Bakayoko, alors Président du Comité des Chefs d'État-majors généraux de la CEDEAO : "Le Général Kèlèfa Diallo a contribué à la sécurité et à la paix dans l'espace CEDEAO. Notre camarade a travaillé avec nous pour doter l'espace CEDEAO d'une force en attente opérationnelle."
Son engagement pour la paix au Mali est particulièrement notable. Il a rapidement désigné la Guinée comme pays contributeur de troupes à la MISMA (Mission internationale de soutien au Mali), démontrant ainsi son engagement pour la stabilité régionale.
Qualités personnelles et professionnelles
Les témoignages de ses pairs dessinent le portrait d'un officier aux qualités exceptionnelles :
Le Général Nabéré Honoré Traoré, Chef d'État-major général des armées du Burkina-Faso, le décrivait comme "un officier pondéré, sage et grand contributeur aux débats au sein du Comité des chefs d'État-major de la CEDEAO" et "un homme valeureux".
Le Général Lamine Cissé, ancien chef d'État-major des armées du Sénégal, soulignait qu'il avait "le sens élevé du développement et du respect absolu pour les institutions de la République".
Le colonel Mamadou Gaye, commandant de l'ENOA, évoquait "un officier rigoureux et doublé d'un professionnalisme avéré, [qui] avait le sens de l'éthique, le courage et la persévérance".
Disparition tragique
Le 11 février 2013, le Général Souleymane Kèlèfa Diallo trouve la mort dans des circonstances tragiques lors d'un crash d'avion au Liberia. Il se rendait à Monrovia pour participer à la fête nationale des forces armées libériennes, à bord d'un cargo militaire CASA CN235 Dash 220.
L'accident, qui a coûté la vie à 11 personnes (six membres de la délégation guinéenne et cinq membres d'équipage), a profondément choqué la Guinée. Le président Alpha Condé a décrété trois jours de deuil national, tandis que les drapeaux furent mis en berne.
Une enquête conjointe menée par 21 experts (10 Guinéens et 11 Libériens) a conclu que l'accident était dû à une combinaison de facteurs humains : fatigue du pilote, pression hiérarchique et distraction dans le cockpit.
Hommages et postérité
En reconnaissance de ses services exceptionnels, le Général Diallo a été élevé à titre posthume à la Dignité de grand officier. Sa mémoire continue d'inspirer les nouvelles générations d'officiers.
Le 2 août 2014, la 32ème promotion de l'École nationale des officiers d'active de Thiès a été baptisée en son honneur, témoignant de l'impact durable de son leadership et de son exemple.
Aujourd'hui, le Général Souleymane Kèlèfa Diallo est considéré comme l'un des officiers les plus remarquables de l'histoire récente de la Guinée, laissant derrière lui un héritage de professionnalisme, d'éthique et d'engagement au service de son pays et de la région ouest-africaine.