N'Famara Keïta

N'Famara Keïta
Prénom
N'Famara
Nom
Keïta
Date de naissance
Date de décès
Pays de naissance
Guinée
Ville de naissance
Molota

N'Famara Keïta (1924-1984) était un économiste et homme politique guinéen, acteur clé de la première République sous Ahmed Sékou Touré. Originaire de Molota (Kindia), il débute sa carrière comme greffier avant de s'engager dans le syndicalisme et de devenir maire de Kindia en 1956. Après l'indépendance de la Guinée en 1958, il joue un rôle majeur dans la création de l'armée nationale et occupe plusieurs postes ministériels stratégiques, notamment dans le commerce, l'énergie et les affaires sociales. Visionnaire, il prônait une armée impliquée dans le développement économique du pays. Après la mort de Sékou Touré en 1984, il est arrêté par le régime militaire de Lansana Conté et exécuté, devenant ainsi une figure injustement oubliée de l’histoire guinéenne.

A lire dans cet article

Introduction

N'Famara Keïta, né en 1924 à Molota (Kindia) et exécuté en 1984, fut une figure centrale de la politique guinéenne post-indépendance. Économiste et homme politique, il a occupé plusieurs postes stratégiques sous le régime d'Ahmed Sékou Touré, notamment en tant que ministre du commerce, des affaires sociales et de l'énergie. Il fut également un acteur clé de la création de l'armée guinéenne, bien que son rôle ait été largement occulté par l'histoire officielle.

Formation et Engagement Syndical

N'Famara Keïta effectue ses études secondaires à Dakar avant de devenir greffier à Macenta en 1947. Son engagement syndical attire l'attention d'Ahmed Sékou Touré, qui en fait un membre influent du Parti Démocratique de Guinée (PDG). En 1956, Keïta est élu maire de Kindia, aux côtés d'autres figures emblématiques telles que Sékou Touré à Conakry et Saïfoulaye Diallo à Mamou.

Architecte de l'Armée Guinéenne

Après l'indépendance du pays le 2 octobre 1958, la création d'une armée nationale devient une priorité. Le 1er novembre 1958, N'Famara Keïta est nommé secrétaire d'État chargé de ce projet. Il joue un rôle central dans l'élaboration des statuts de l'armée et la formation de ses premiers cadres, notamment en négociant des bourses d'études militaires avec l'Union Soviétique. Il supervise également le rapatriement des soldats guinéens démobilisés de l'armée française, parmi lesquels le futur président Lansana Conté.

Homme d'État aux Multiples Casquettes

Dès 1960, Keïta devient ministre des coopératives et conçoit un plan ambitieux pour le développement de l'industrie et de l'agriculture. En 1962, il signe un accord commercial avec l'Union Soviétique. Sa carrière ministérielle se poursuit avec des postes clés : ministre du commerce (1963), vice-président (1964), puis ministre du commerce, des transports et des postes et télécommunications (1968). En 1969, il représente la Guinée en Chine et rencontre Mao Zedong.

Dans les années 1970, il devient ministre des affaires sociales avant de rejoindre le ministère de l'énergie et du Konkouré en 1979. Il plaide pour une armée impliquée dans le développement économique du pays, une idée qu'il exprime en ces termes : "Nous voulons une armée intégrée à l'économie nationale, où les militaires contribueront au développement du pays en exploitant les terres de Haute-Guinée pour la culture du riz."

Fin Tragique

Après la mort de Sékou Touré en 1984, un coup d'état militaire mené par le général Lansana Conté renverse le régime en place. Comme de nombreux anciens dignitaires, N'Famara Keïta est arrêté et emprisonné à Kindia, où il trouve la mort le 2 septembre 1984. Ainsi, ironie du sort, il devient victime de l'armée qu'il avait aidé à créer.

Héritage

Malgré son rôle majeur dans l'histoire de la Guinée, la mémoire de N'Famara Keïta demeure largement ignorée. Son implication dans la structuration de l'armée et le développement économique du pays n'est que rarement mentionnée dans les ouvrages historiques ou les discours officiels. Il reste pourtant un modèle de dévouement et de vision pour la Guinée moderne.

Réhabilitation de sa Mémoire

Aujourd'hui, alors que la Guinée s'efforce de revisiter son passé pour mieux construire son avenir, il est essentiel de reconnaître la contribution de figures comme N'Famara Keïta. Son rôle en tant que bâtisseur de l'État et stratège du développement national mérite une place plus juste dans les annales de l'histoire guinéenne.

Conclusion

N'Famara Keïta fut bien plus qu'un simple ministre sous la première République. Homme d'action et de conviction, il a posé des jalons fondamentaux dans la construction de la Guinée moderne. Son engagement pour une armée souveraine et un développement économique inclusif témoigne de son patriotisme et de sa vision. Alors que son nom est souvent oublié, il est temps de le remettre à sa juste place dans l'histoire du pays. Son héritage doit inspirer les générations futures, pour une Guinée forte et résiliente.